Interactions entre SI et organisation

Perspectives Interactionnistes

Lorsqu’en 1958 Leavitt et Whisler entreprennent d’étudier les interactions entre entreprises et ordinateurs, alors que ces derniers commencent à faire leur apparition dans les organisations, ils constituent les bases fondamentales de nombreuses recherches ultérieures en ce domaine.
Dans « Le management des années 80 »*, les auteurs spéculent sur les impacts des systèmes d’information sur le fonctionnement des organisations. Cette tentative de prévision engendre les théories intéractionnistes que nous décrivons ci-après.

La première perspective suppose que les systèmes d’information entraînent une centralisation. Il est en effet admis à l’époque que certains niveaux hiérarchiques intermédiaires sont voués à disparaître au profit du contrôle de l’organisation par les niveaux hiérarchiques élevés. Il faut remettre le sujet dans son contexte et préciser qu’à l’époque, toutes les entreprises privilégient une hiérarchie pyramidale spartiate. L’accroissement à venir de la performance des outils de traitement de l’information est alors impalpable mais tous les chercheurs s’accordent à dire que les changements présumés par cette prévision sont inéluctables. En 1968, Reif nuance la portée de ces prévisions par des études empiriques. Ces dernières démontrent que certains préexistants à l’implantation d’un système d’information, le type d’information à traiter et l’activité même de l’entreprise affectent « le potentiel centralisateur des systèmes d’information ».

Dès 1960 apparaît les prémices d’un courant de pensée inverse. Il soutient que les systèmes d’information engendrent une décentralisation. En effet, le bas de la hiérarchie se voyant simplifier la tâche des décisions routinières, il serait plus disponible pour prendre part à des tâches plus riches. L’empowerment, notion introduite dans les années 80, est un exemple qui confirme en partie cette hypothèse. Cette nouvelle façon de travailler est rendue possible par la disponibilité en temps réel de l’information, qui n’a plus nécessairement à transiter par la haute hiérarchie. Il faut ajouter à cela que l’information est alors uniformisée dans sa présentation et que son transfert et son interprétation ne plus conditionnés par des émetteurs approximativement pragmatiques et des récepteurs non habitués au message.

Si la complexité de l’entreprise et de  ses externalités induisent durant un temps la notion que les interactions entre organisation et systèmes d’informations sont imprévisibles, Sampler conclut que l’organisation est une entité close et que les variables environnementales, si elles sont intégrées dans l’analyse, n’ont pas un impact direct sur les dites intéractions. Il lui est alors possible d’émettre l’hypothèse de l’émergence de nouvelles formes organisationnelles. Baile et Trahand (1999) admettent que Internet, le e-business et les communications inter organisationnelles modifient les schémas établis et effacent les barrières du temps et de l’espace. L’émergence de tant de nouvelles formes d’organisations représente un défi analytique.


Leavitt et Whisler, 1958

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